L’an dernier, deux entrepreneurs accompagnés à Courtenay se sont installés dans le linéaire commercial. C’est exactement ce à quoi sert une boutique éphémère. Tester une activité en vrai, se faire connaître, puis franchir le pas.
Ce qui manque parfois, c’est de la visibilité en cours de route. Quels produits rapportent réellement une fois le coût de revient déduit. Ce qu’il reste d’un bon mois après les cotisations. Si les ventes sont régulières ou en dents de scie. Tout cela se calcule. Mais ça prend du temps, et le temps est précisément ce qui manque quand on tient une boutique.
Pendant six mois, La Ruche Éco et la Maison du Manège testent Kessa, un outil de copilotage développé par des bénévoles de l’association avec Kessadir.
D’abord un outil pour l’équipe
Le premier usage n’est pas du côté des artisans. Il est du côté de Charlotte et Alicia, nos chargées de développement et d’animation.
Préparer une réunion mensuelle, c’est habituellement des heures passées à compiler des exports de caisse pour arriver avec quelque chose de lisible. L’outil prépare cette matière. Ce qui est gagné sur le tableur est du temps rendu au face à face, pour faire le point avec chacun, tranquillement.
Il aide aussi à repérer plus tôt celui ou celle qui aurait besoin d’un coup de main. Un artisan qui doute quitte rarement un tiers-lieu en claquant la porte. Il s’efface doucement. Voir le signal plus tôt, c’est pouvoir proposer un café avant, pas après.
Ensuite un outil pour rationaliser ses ventes
Côté exposant, tout part des ventes déjà enregistrées en caisse. Rien de nouveau à saisir tous les soirs.
À partir de là, l’outil donne la marge réelle par produit, coût de revient compris, et pointe ceux qui mériteraient qu’on pousse dessus comme ceux dont le prix est à revoir. Il montre la régularité des ventes mois après mois. Il rappelle le niveau de chiffre d’affaires nécessaire pour vivre de son activité, cotisations comprises.
Le dimanche soir, chaque exposant reçoit un bilan de sa semaine.
Rien là-dedans qu’un artisan ne saurait calculer lui-même. Simplement, entre la fabrication, la vente et les permanences, personne ne le fait.
L’outil n’a pas le dernier mot
Un chiffre éclaire une décision, il ne la prend pas.
Un produit peu rentable peut faire entrer les gens dans la boutique et déclencher d’autres achats. Une saison creuse n’annonce pas forcément un problème de fond. Le savoir-faire de l’artisan et le regard de l’équipe restent devant l’outil, pas derrière.
C’est aussi pour ça qu’on teste plutôt que d’installer quelque chose définitivement.
On vous dira ce que ça donne
Un test n’est pas une démonstration. Il peut montrer que l’outil apporte beaucoup, un peu, ou qu’il demande plus de temps qu’il n’en fait gagner.
On fera le bilan à la fin des six mois et on le partagera ici, quel qu’il soit. Si ça fonctionne, ça pourra intéresser d’autres tiers-lieux du département.
En attendant, si vous êtes exposant chez nous et que vous voulez y voir plus clair dans vos ventes, parlez-en à Charlotte ou Alicia.




